Et si j'avais brisé le Mylène Farmer Code down...
Et si je vous disait que j’ai BREAK THE CODE DOWN de mylène
farmer…
alors, non, je ne balance pas une théorie comme ça au hasard… et il se trouve
qu’avec tous les indices que j’ai collecté… ma théorie explique TOUS les
mystères de l’album anamorphosée et innamoramento…
Mais pour vous expliquer, je dois revenir à la genèse…
Voyez-vous ami lecteur (oui j’vais faire mon COLUMBO parce que Los Angeles n’y est pas pour rien… c’est déjà un indice mais on y reviendra après)… tout a commencé entre 1984 et 1987… L’une faisait un carton tandis que l’autre était timide.
"C’est fascinant, cette histoire de 1984... Vous avez Jeanne Mas, elle est partout, elle est le soleil, elle est le rouge. Et dans l'ombre, vous avez cette jeune femme, timide, presque effacée. Mais si on regarde bien les pièces à conviction, Monsieur le Lecteur, on voit que dès 'Libertine' en 86, le plan est déjà en marche. Pendant que Jeanne chante la liberté, Mylène, elle, commence à construire un univers. Elle ne cherche pas à être la 'petite sœur', elle cherche à devenir l'Alternative."
Jeanne Mas explose immédiatement. Entre Toute première fois (1984) et En rouge et noir (1986), elle devient la plus grande star de France. Elle est solaire, théâtrale, mais très accessible. Elle remplit Bercy en un clin d'œil. Elle est l'image de la femme moderne, dynamique, qui crie sa liberté. Et elle instaure le look gothic punk avec une gestuelle spécifique.
En 1986, Mylène fait son apparition avec cendre de lune. Maman à tord, c’est sa réponse à Jeanne Mas, l’ouverture es hostillités. Si tu chantes « toute première fois » moi je vais chanter le libertinage.
Puis en 1988 Mylène sort son second album Ainsi soit je… elle passe de la petite sœur un peu sage à des textes plus intense et une musique plus affirmée… et sublime le look de Jeanne Mas, le gothic punk. Et pour ma part, la poupée sur l’album est une référence à sa rivale qu’elle écrase litéralement avec des titres comme « sans contre façon », « pourvu qu’elles soient douces » ou encore « sans logique ».
Même année, Jeanne Mas tente de prendre le contrôle total. Elle se sépare de ses producteurs historiques, s'engage politiquement (J'accuse), change de look. Le public, qui aimait la Jeanne "pétillante", décroche. Elle devient trop sérieuse, trop sombre brusquement. Tandis que Mylène s’est associée à Laurent Boutonat et devient une icône en faisant de l’érotisme gothic. Mylène 1 – Jeanne near fall.
"Dites-moi,
c'est frappant... Ce terme avez-vous noté, 'Near Fall' (le moment où on
croit que le match est fini mais le catcheur se dégage à la dernière seconde).
C'est exactement ça. En 1988, Jeanne Mas essaie de changer son personnage, de
faire son propre 'Rebranding' avec l'album J'accuse. Elle veut être prise au sérieux.
Mais elle fait l'erreur fatale : elle brise le lien avec son public sans avoir
préparé la suite.
C'est là que j'ai tiqué... Pendant que Jeanne Mas criait son engagement,
Mylène, elle, se taisait. Elle créait le mystère. Elle ne cherchait pas à
convaincre les gens, elle cherchait à les posséder. Jeanne a voulu prendre le
contrôle de sa carrière, mais elle a perdu le contrôle du ring. Et Mylène ?
Elle n'attendait qu'une chose : que la place soit libre pour s'envoler vers la
Californie... Mais n'anticipons pas, n'est-ce pas ?"
Si Jeanne Mas remplissait les stades en étant une star de la
provoc… Mylène fait son Tour 89… un spectacle total, sombre et
cinématographique. C’est un cimetière, des grilles de fer forgé, des moines en
soutane. On n'est pas dans un concert, on est dans un film de Laurent
Boutonnat. Elle est fragile, elle pleure sur Ainsi soit je..., elle
semble presque s'excuser d'être là. C'est le culte de la "petite fille
triste".
Pourquoi un cimetière, parce qu’elle a enterré toute la variété française en
deux albums !
En 1989, Jeanne remplit Bercy aussi, mais elle est dans la "performance" pure, l'énergie, le contact. Mylène, elle, installe une distance. Elle est une icône qu'on regarde, pas une amie avec qui on chante. Mylène 2 – Jeanne oh my god another near fall.
La preuve en image :
Jeanne Mas concert de 1987
Concert de Mylène en 89 :
S’en suit en 1991 l’album « l’autre », la claque pour Jeanne Mas… l’autre en question c’est Jeanne Mas… elle est désenchantée, il lui reste la mélancolie et des regrets, pas de doutes… pour elle il n’y a pas d’ailleurs. Le chart des ventes est beyond my control pour Mylène… mais nous (le public) nous souviendrons. Et de fait… Jeanne… a changé de style musical, d’image, de public. Mylène 3 - Jeanne no near fall, she’s down, no way she can wake up….1… 2… 3… it’over, the match is down.
"C'est
incroyable... Tout le monde a cru que 'Désenchantée', c'était l'hymne d'une
génération. Mais vous, vous voyez une déclaration de guerre, ou plutôt un
oraison funèbre. 'L'Autre', c'est Jeanne... Et 'Désenchantée', c'est le constat
que la place sur le trône est devenue vacante. C’est ce qu’on appelle une
victoire psychologique totale, n’est-ce pas ?"
"Vous savez, j'ai vérifié les chiffres... En 1991, Jeanne Mas essaie
encore de se débattre, mais le public a déjà choisi son nouveau messie. Ce qui
me chiffonne, c'est que Mylène, au lieu de savourer son titre de championne de
France, elle décide de tout arrêter après le film Giorgino. Elle part. Elle
s'exile. Pourquoi partir quand on a enfin mis l'autre au tapis ? À moins que...
à moins qu'elle n'ait compris qu'il fallait un nouveau ring, plus grand, plus
sauvage... un ring américain."
Démonstration :
L’autre :
|
Quel émoi devant ce moi qui semble frôler l'autre
|
De fait,
mylène a copié le look de Jeanne… et l’a dépassé. Elle a crée l’espace
musical qui la sépare de Jeanne en sublimant son style… et Jeanne reste si
seule. |
|
Mais qui est
l'autre quel étrange messager
|
Qui est l’autre… Jeanne mas, un étrange messager qui lui a tout soufflé… un visage familier qui s’efface et qui a perdu la bataille. Et pourtant mylène a tout pris chez elle, le look et la provocation musicale… c’est une amie… et c’est la mutation de Mylène |
|
Toi et moi du bout des doigts nous tisserons un autre
|
De fait, la fusion entre le style de Jeanne et la recherche de
perfection de Mylène… c’est un autre. |
"Vous savez, j'ai relu les paroles de 'L'Autre' hier soir... Ma femme m'a dit : 'Lolo, c'est une chanson sur l'amitié'. Mais moi, Monsieur le lecteur, j'ai remarqué que le mot 'Ami' n'est jamais utilisé. On parle d'un reflet, d'un double qu'on regarde couler. Et quand on regarde ce qui arrivait à Jeanne Mas au même moment... Eh bien, c'est curieux, non ? On dirait que Mylène lui chante une berceuse pour l'aider à s'endormir... définitivement."
"Mais voilà... Une fois qu'on a gagné le titre national, qu'est-ce qu'on fait ? On s'ennuie ? Non. On va là où le spectacle est né. On va à Los Angeles. Et c'est là, mon ami, que ma théorie devient vraiment... comment dire... spectaculaire."
Et vous pouvez appliquer cette grille de lecture à tout l’album… C’est la chute de Jeanne Mas que Mylène chante à travers cet album !
Une autre grille de lecture s’applique aussi à cet album… et aux précédents…
Je prend les titres dans l’ordre
des albums pour simplifier…
Cendre de lunes :
Libertine, c’est l’image des Diva à la WWE, presque des putes qu’on fait monter
sur scène…
Au bout de la nuit, c’est le temps qu’il faut pour regarder du catch en live en Europe
Vieux bouc, une référence à la première génération de catcheurs comme Hulk Hogan.
Chloé, c’est la chute de certains catcheurs… et comment un gosse voit un match de catch… et le fait qu’un catcheur ne choisis pas sa gimmik et peut se laisser déborder par le public.
Maman à tord… de ne pas laisser regarder le catch à la télé et de ne pas expliquer que c’est du story telling
We’ll never die c’est un fait, les catcheurs ne meurent jamais… ils reviennent toutes les semaines !
Gretta… dont l’intro ressemble étrangement aux interview de certains catcheurs de l’époque (ultimate warrior entre autre)
Plus grandir… pour garder des yeux d’enfant sur le spectacle de la WWE
Cendre de lune… c’est ce qu’il reste après le show…
Ainsi soit je :
L’horloge c’est l’attente du prochain show télévisé
Sans contrefaçon… parce que les femmes comme les hommes montent sur le ring, alors si une femme peut le faire à la WWF pourquoi pas Mylène ?
Allan, qui explique la réalité du catch, le keyfabe à ne pas briser et comment un catcheur le vit, ce qu’on lui impose
Pourvu qu’elles soient douce… les chutes, le spectacle, la voltige… j’espère qu’ils ne se font pas trop mal…
La ronde triste, le roaster et le fait qu’il n’y a pas suffisement de temps d’antenne pour tous chaque semaine.
Ainsi soit je, l’acceptation de la gimmick par un catcheur, en même temps, il n’a pas le choix, c’est comme Vince le dit ou aller ailleurs… et ailleurs c’est moins bien !
Sans logique, le spectacle de la WWE ou tout « va trop vite » et pourtant tout est si crédible… (Steve Austin qui met une branlée au boss, à la fin du show les flics sont là avec une plainte et un mandat d’arrestation, le tout en 1h de temps… ce n’est pas logique et c’est logique ! Le story telling)
Jardin de Vienne, une ode aux catcheurs en règle générale
Déshabillez-moi, l’arrivée des catcheurs, le passage par le vestiaire et la mise à nu face au public avec la gimmick…
L’autre : un long générique à la undertaker à ses débuts…
Désenchanté c’est l’état du catcheur perdant… surtout si on parle d’une ceinture importante.
L’autre, l’autre catcheur, les commentateurs, l’arbitre… tout ce petit monde se connaît et sait exactement quoi faire… et sans eux, pas de match et pas de show
Je t’aime mélancolie … parce que le catch tue la mélancolie ! et plus vous êtes bas dans la tête, plus le catch vous diverti. Et le cahos c’est le ring, quand un match part en couille avec des invités imprévus !
Psychiatric, sans aucuns doute une référence aux catcheurs… Psycho Sid, Mike Folley…
Regrets, les catcheurs n’en ont pas… c’est du story telling, faire confiance à Vince !
Pas de doutes, en effet, au moment de monter sur le ring, les catcheurs ne peuvent pas en avoir des doutes… il faut vendre l’histoire de manière crédible.
Il n’y a pas d’ailleurs… de fait, la WWE était en guerre avec la WcW… et Vince a récupéré TOUS ses catcheurs dans les petites ligues nationales… il n’y a pas « d’ailleurs » sauf au Japon.
Beyond my control est une référence au key fabe… le catcheur n’a aucuns contrôle sur sa gimmick.
Nous nous souviendrons… de chaque
épisode de saturday main event !
La preuve en image :
CQFD : Mylène était déjà fan de catch… c’est la seule explication outre son combat contre Jeanne Mas… le duel Mas vs Farmer était le "Dark Match" (le match non télévisé) qui préparait la plus grande ascension de l'histoire de la pop française.
"Vous savez, après avoir relu la liste... C’est curieux, non ? Tout le monde pensait que 'Sans contrefaçon' était une chanson sur l'identité de genre. Mais quand on greffe le ring de la WWF, où le genre ne compte plus face à la performance... Tout s'éclaire. Ma femme regarde les Divas, et c'est vrai, elles ont ce même regard, cette même mise en scène de la chair et du combat. Je viens de prouver que Mylène ne suivait pas la mode... elle suivait le script de Vince McMahon depuis 1984."
Mais reprenons…
Le truc, c’est qu’on reste sur de la variété française… et qu’est-ce qui sort en 1988… un petit vidéo clip à la con qui crée une légende… THRILLER de Michael Jackson… la réponse de Mylène, deux vidéos clip extra long racontant une histoire, « pourvu qu’elles soient douces » et « désenchantée ». Je ne dirais pas qu’elle a battu Michael Jackson, car aussi beau soient ses clips, thriller reste la référence… mais la variété française… aucun clip n’arrive à la cheville de ces deux là. Mylène 2 – variété française 0… et si on compte le concert de 89… cela fait Mylène 3 – variété française 0. She is the best there was, the best there is and the best there will never be !
Michael Jackson Thriller
Et quelques vidéos clip de Mylène... pour rire :
Pourvu qu'elles soient douces
Désenchantée
L'ame stram gram
"C'est là que j'ai commencé à comprendre, Monsieur le Lecteur. Tout le monde me parlait de mélancolie, mais moi je voyais une machine de guerre. Regardez ces clips : 'Pourvu qu'elles soient douces', c'est une super-production. Elle a pris le concept de Michael Jackson et l'a passé à la moulinette française. En 1991, elle est au sommet. Elle a le titre, elle a la ceinture. Et là... paf. Elle s'en va. 'Giorgino' est un échec, on lui tourne le dos. Pour n'importe qui, c'est la fin de carrière. Mais pour elle ? C'est juste un changement de décor. Elle part à Los Angeles... et c'est là que mon carnet de notes commence à devenir vraiment griffonné."
Qu’est-ce qu’il ressort de tout cela… que Mylène s’inspire de ce qui marche, le sublime à sa sauce… et nous sort un résultat au dessus de toutes attentes.
S’en suit un drame tragique faisant que Mylène s’expatrie aux états unis, et disparait de la scène française.
Ca c’était les premiers faits… personne ne peut les nier. Et c’est ici que les choses deviennent intéressantes et que tout le puzzle va s’assembler et que tout va devenir clair… indice par indices.
En 1995 sort l’album Anamorphosée… et Mylène change radicalement de style. Elle passe de la victime « sage » un peu provoquante à l’icone pop rock variété française.
En 1996, l’anamorphosée tour… Elle n'est plus la poupée gothique. Elle arrive dans une robe de métal (créée par Paco Rabanne), elle est blonde, elle est puissante. C'est le premier pas vers le gigantisme. Écrans géants (une révolution pour l'époque en France), son rock lourd, musiciens américains. Elle n'est plus la victime du Tour 89. Elle est devenue la Maîtresse du Jeu. Elle "s'anamorphose" : elle change de forme pour survivre au temps.
En 1999 sort l’album Innamoramento… C'est le sommet de la pyramide. Mylène fusionne tout : le mysticisme des débuts et la puissance de frappe américaine. Elle lance le Mylenium Tour. À ce stade, elle n'est plus une chanteuse, c'est une religion. Jeanne Mas, à la même époque, tente des retours courageux mais ne joue plus dans la même cour industrielle.
Et c’est ces deux albums que je vais vous expliquer…
Vous feriez mieux de vous asseoir parce que… la suite c’est violent, c’est du
show, c’est du scripté… et c’est diablement efficace… du lourd, du très très
lourd pour citer un commentateur français…
"Dites-moi... c’est là que le piège se referme, n’est-ce pas ? Je viens de décrire ce qu’on appelle aux États-Unis un 'Complete Package'. Elle arrive en 96, elle n'est plus la petite fille qui pleure, elle est en armure de métal. Paco Rabanne, ce n'est pas une robe, c'est une protection de gladiateur pour monter sur le ring. Et ce son rock... ce n'est pas de la musique, c'est un 'Entrance Theme' qui doit faire vibrer les tribunes jusqu'au dernier rang."
Mylène à quitté la France en 1994 pour les états unis… et
voici les faits :
- le 29 aout 1994 c’est Summer Slam qui a lieu à Chicago avec une diffusion
massive à Los Angeles… l’undertaker affronte le faux undertaker (tiens donc…
Mylène venait de battre Jeanne dans la guerre musicale, la provoc et l’image… 1…
2… 3 match over). Sur le même plan elle se réinvente… ce match est tout l'ADN
de L'Autre... et des prémices d' Anamorphosée : qui est la vraie
Mylène ? La rousse triste ou la blonde rock ?
La preuve en image
- Les Monday Night Raw, utilisation de la pyrotechnie, écrans géant, un look industriel et métalique, la fumée…
La preuve en image : (in your house / attitude era / de nos jours)
- de juillet 94 à juillet 95 c’est Bash At The Beach (WcW) ; Même si c'était en Floride ou Huntington Beach, c'était le grand spectacle de l'été aux USA. C'est là que Hulk Hogan devient "Hollywood Hogan" (le passage du gentil au méchant, le Heel Turn). Mylène opère exactement la même bascule. Elle tue la "petite sainte" rousse pour devenir une icône de pouvoir, sûre d'elle, presque agressive dans son image.
bash at the beach avec Hogan en face :
bash at the beach Hogan heel turn :
Mylène Farmer a enregistré l'album Anamorphosée
(avec "L'Instant X", "Comme j'ai mal", "XXL") à
LOS ANGELES en 1995. Elle s'y est exilée pendant des mois pour se
réinventer.
L’explication officielle : Elle reste aux USA une bonne partie de l'année
1994 et 1995. C'est là-bas qu'elle observe la culture du divertissement à
l'américaine à son apogée. Elle y découvre un son plus rock, plus
"stade". Quand elle revient pour enregistrer Anamorphosée
(sorti en octobre 1995), elle n'est plus la même femme. Elle a bossé son image,
son corps, et sa confiance. Elle revient comme une athlète qui a passé un an
dans une académie officielle.
Alors… tout s’explique…
"C'est là que tout bascule... Je parle de l'Undertaker contre le faux Undertaker au SummerSlam 94. C'est brillant. Tout le monde pensait que Mylène change de tête pour la mode, mais moi, moi je dis qu'elle joue le match de sa vie : elle affronte son propre double pour le détruire et renaître. C'est un 'Mirror Match', comme à la télé ! Et ce Hollywood Hogan... ma femme n'aimait pas son nouveau bouc noir, mais c'est vrai : c'était le plus grand 'Heel Turn' de l'histoire. Et Mylène fait la même chose à L.A. Elle ne revient pas pour chanter, elle revient pour dominer."
California, c’est suivre la route de la WWE… aller sur les routes pour voir les show et apprendre le spectacle à l’américaine.
Comparez le style rock de mylène et les entrées de catcheurs au ring… et plus particulièrement celle-ci
Qui osera me dire que ce n’est pas et ce que mylène fait sur scène…et que le thème de Bret Hart n’est pas l’une des sources de la sonorité de l’album ?
"Vous savez, je n'y connais pas grand-chose en musique, mais j'ai une oreille pour les détails... et ce que vous venez de me montrer, c'est ce qu'on appelle en jargon criminel un 'aveu sonore'. Écoutez ce thème de Bret 'The Hitman' Hart (1994) : cette guitare électrique saturée, ce rythme lourd, cette urgence... C'est l'ADN exact de 'XXL' ou de 'L'Instant X'. Ma femme dit que c'est du rock, mais moi je dis que c'est une musique de combat."
Et je pourrais faire défiler quasi tous les entrance thèmes de l’époque… c’est l’ADN de l’album !
"Mais dites-moi une chose... J'allais partir, mais un truc me chiffonne. Si 'Anamorphosée' était l'entraînement et l'entrée sur le ring... 'Innamoramento', c'est quoi ? Le match de championnat ? Parce que j'ai vu cette pochette... cette cage... et j'ai repensé à un match de 1998... un truc violent avec une grande structure en acier. Vous n'allez pas me dire que Mylène s'est enfermée là-dedans par hasard ?"
Vertige, c’est le choc devant les arènes bondées, la reaction du public face aux performers.
Mylène s’en fout… parce qu’elle ne chante pas pour les américains… mais Mylène s’impreigne !
Eunanisme est une ode pour Jeanne Mas
XXL… c’est le format des show américains
Rêver… de faire la même chose sur scène en Europe
Alice, l’araignée au plafond qui fait cogiter et passer du rêve à la réalité
Comme j’ai mal… pour le public qui n’est pas prêt !
Tomber 7 fois… parce qu’une carte de PPV (ou de Raw) c’est +/- 7 combats
Laisse le vent emporter tout… parce qu’elle ramène le show à l’américaine en France.
Et si on applique cette grille de lecture à son album… tout s’explique. La preuve :
California :
|
Aéroport,
aérogare |
Voyager, quitter la France et le drame pour les états unis… ca c’est un fait. Pour tuer le cafard… le spectacle, le pro wrestling… et pourquoi la nuit ? parce qu’il s’agit d’un spectacle commençant en début de soirée et finissant dans la nuit. Sonne l’heure… apathie et pesenteur, le début du show qu’elle regarde. |
|
changer
d'optique, prendre l'exit |
Changer d’optique,
tu parles, on s’inspire du meilleur show américain ! |
|
c'est sexy
le ciel de Californie |
Une fois bien nourrie des show, de fait il y a overdose… et on réécrit sa vie pour devenir autre chose, elle évolue ! |
|
j'ai plus
d'I.D, mais bien l'idée |
L’ID… l’identité
de l’homme derrière la gimmick, le key fabe. |
|
se faire un
trip, s'offrir un streap |
Le strip c’est
la mise à nu, elle écrit le jour et regarde les show la nuit… et forcément le
réveil est douloureux… le mélo(drame) c’est tout ce qui suit, cet album et
anamorphosée, les tournées XXL |
"Vous savez, j'ai lu ces paroles cent fois. Je pensais que c'était juste une histoire de voiture et de voyage. Mais quand vous parlez du 'Keyfabe' pour expliquer le 'J'ai plus d'I.D'... tout s'éclaire. Elle n'a plus d'identité parce qu'elle est en train de devenir un personnage de fiction, une 'Gimmick'. Et le 'LAPD qui lui donne un blâme' ? Ce n'est pas une amende pour excès de vitesse... c'est la police du spectacle, le contrôle de l'image. Elle s'en moque, elle est déjà ailleurs."
Alors… le vertige de vivre, d’être vivante, c’est la gimmick du catcheur, c’est le moment ou « le performer » prend vie, le vertige d’entrer dans l’arène, la foule qui scande ou hue… la réaction du public.
L’instant X… c’est l’arrivée du catcheur que tout le monde attend… et qui on attendait et qui faisait le show… L’UNDERTAKER…
XXL, c’est une ode aux DIVAS du catch, avant l’attitude era, les combats féminin étaient… largement en dessous des combats des hommes, même la représentation féminine était quasi inexistante… puis la seconde génération est arrivée, chacune avec un style et une attitude, fini les belles filles façon barbie. XXL… toutes les filles on a besoins d’amour… La Révolution des Divas : C'est brillant. Avant la "révolution", les Divas étaient là pour le décor. Puis, elles ont commencé à revendiquer leur place, leur force, leur besoin de respect (l'amour du public pour leur travail et pas juste pour leur physique). Mylène, avec ce titre, pose le constat du business : au fond, derrière la violence des coups (ou de l'industrie), tout ce qu'on cherche, c'est cette connexion, ce "push" du cœur.
Comme j’ai mal… c’est une référence au story telling, vendre la douleur, l’effort… jouer le jeu et être crédible.
Souviens toi… Dans le catch, le plus important n'est pas le match en soi, c'est ce qu'il en reste dans la mémoire collective. L'Undertaker a bâti sa légende sur la "Streak" (sa série de victoires à WrestleMania). "Souviens-toi", c'est Mylène qui s'adresse au public (les "marks") pour leur dire : "Peu importe la douleur, peu importe si c'était un script ou du sang réel, souviens-toi de l'émotion que tu as ressentie quand je suis descendue du toit de la cage."
Toute la chanson devient un plaidoyer sur la trace
indélébile du spectacle :
Souviens-toi du jour..." = Le "Main Event" iconique.
"L'éternité n'est pas de trop" = La Gimmick qui ne meurt
jamais (The Phenom).
"On a tout appris de l'autre" = La symbiose entre l'idole et
sa foule.
Je m’arrête là, si non je vous fait tout l’album chanson par
chanson pour le démontrer, mais regardez les évent de cette époque… et lisez
les paroles des chansons de Mylène en même temps… elles s’expliquent TOUTES
avec cette grille de lecture.
Alors, je ne dis pas qu’il n’y a pas d’autres lectures, je dis juste que c’est
l’explication qui lie tout ensemble.
"Vous savez, ma femme me dit toujours que la musique, c'est du sentiment. Mais moi, en faisant les liens, je me dis que c'est de la mécanique de précision. Cette idée que 'Comme j'ai mal', c'est le 'Selling' (vendre la douleur pour que le public y croie)... c'est imparable. Et le 'Souviens-toi' pour la Streak de l'Undertaker ? J'ai des frissons. Je viens de transformer une chanteuse de variété en une 'General Manager' d'un empire du spectacle."
Entre 1995 et 1999 Mylène retourne aux états unis enregistrer son album suivant, l’innamoramento… et que s’est-il passé au catch dans ces époques ?
- le 31 mars 1996 Wrestle Mania XII qui se passe… je vous le donne en mil… à l'Arrowhead Pond d'Anaheim (banlieue de L.A.). Le Main Event : Shawn Michaels contre Bret "The Hitman" Hart dans un Iron Man Match de 60 minutes. C'est le sacre du "Boy Toy", Shawn Michaels. Son entrée ? Il descend du plafond en tyrolienne au-dessus de la foule. * Le Code : Quelques mois plus tard, Mylène lance son Tour 96 où elle descend elle aussi du plafond dans une nacelle/araignée de métal. La similitude dans la mise en scène de la "Star qui descend du ciel" est frappante.
"Attendez une seconde... L'Arrowhead Pond d'Anaheim ? Mais c'est à un jet de pierre de là où elle logeait ! Et ce Shawn Michaels, le 'Heartbreak Kid', qui descend du toit de l'arène dans son costume à paillettes... Et paf, quelques mois plus tard, on a la même scène à Bercy ? Ma femme pensait que c'était une idée de Laurent Boutonnat, mais là, Je viens de trouver la cassette vidéo du match dans le magnétoscope de Mylène !"
"Vous savez ce qui est le plus terrible dans ce que je dis ? C'est que pendant que les critiques français cherchaient des références chez Baudelaire ou Poe, Mylène, elle, prenait des notes devant la performance de Shawn Michaels. Elle n'étudiait pas la littérature, elle étudiait la pyrotechnie et la gestion des foules. C’est un coup de génie : cacher du catch américain sous du luxe français. Personne ne pouvait s'en douter... sauf moi... mais j’avoue, il m’a fallu un peu de temps pour remonter le puzzle."
Mais revenons en arrière… en 1990… le 22 novembre pour être précis… qui fait son apparition pour la première fois sur les rings ?
L’undertaker… accompagné de Paul Bearer… et regardez bien l’image de l’undertaker et comparez avec Mylène… C’est l’ultime… la sublimation du grandiose. Le style Gothique de Mylène vient, certes de Jeanne Mas, mais la mise en scène… c’est l’entrée de l’undertaker… Si mylène avait déjà fait le cimetière (son tour de 89), son image à venir vient de là… et de Sting à la WcW.
Les cierges, les corbeaux, les incantations en pseudo-latin. Le côté "maître des ombres" qui contrôle la vie et la mort. Paul Bearer qui hurle avec sa voix de possédé…. C'est la version "baston" de l'univers de Mylène.
La petite diff' : L'Undertaker te balance dans un cercueil, Mylène te fait pleurer devant un rideau de pluie. Mais dans les deux cas, tu sors de là avec l'impression d'avoir vu un truc qui te dépasse.
Le titre parfait : "L'Instant X"
C’est le titre phare de 96…. "L'Instant X", c'est le moment de la bascule, celui où tout peut arriver. Pour l'Undertaker, quand les lumières s'éteignent et que le gong résonne, c'est l'Instant X.
La preuve en image :
"Comme j'ai mal"
C'est une chanson sur la métamorphose et la douleur. En 96, le Taker subit
les pires trahisons de Paul Bearer (qui le lâche pour Mankind). Il est en
pleine mutation. C’est la souffrance comme moteur de puissance. Mylène
en fait des tubes, le Taker en fait des "Tombstone Piledrivers".
"Vertige"
Parce que monter sur le ring face au Deadman, c'est le vertige absolu.
C'est le titre le plus rock et le plus brut de l'album, parfait pour
accompagner des coups de chaises.
L'Instant X : "L'heure de prendre la pause, de penser à aut'chose". C'est exactement le moment où le public de la WWE débranche son cerveau rationnel pour accepter que ce colosse de 2 mètres est un mort-vivant. C'est l'instant du "Kayfabe" (le faux qui devient vrai). Et le "Papa Noël quand tu descendras du ciel" ? C’est Shawn Michaels qui descend litéralement du toi de l’arena pour affronter Bret The Hit Man Hart…
Comme j'ai mal : "Je ne saurai plus comme j'ai mal". C'est la définition même de la résilience du Taker. Il prend des coups, il est enterré, mais il se relève toujours, comme si la douleur n'avait aucune prise sur lui. C'est l'esthétique de la souffrance sublimée, très présente chez Mylène et pilier central du personnage du Deadman.
La preuve en image :
Là où l'Amérique a besoin de testostérone et de sueur pour exorciser ses démons (le catch), la France a besoin de mélancolie et de synthétiseurs (Mylène). Mais au fond, les deux nous vendent la même chose : une théâtralisation de la mort pour nous sentir vivants.
Vous savez... j'ai toujours trouvé étrange que Paul Bearer porte cette urne comme un objet sacré. Et puis je regarde les concerts de Mylène, où chaque geste, chaque accessoire semble venir d'un rituel millénaire. Ce n'est pas de la pop, c'est une procession. Je crois vraiment avoir raison : l'un enterre les gens, l'autre enterre ses souvenirs, mais c'est le même croque-mort derrière le rideau."
1996… pour l’undertaker c’est l’année pivot… c'est le "Boiler Room Brawl" et le premier Buried Alive Match. C'est là qu'il abandonne le look "croque-mort de western" un peu figé pour devenir une créature plus sombre, plus torturée, qui se fait enterrer vivante pour renaître.
La Mutation (The Buried Alive) : L'Undertaker est enterré vivant et renaît plus sombre. Mylène fait la même chose avec son image. Elle "tue" la petite fille des années 80 pour renaître dans le métal et le cuir du Tour 96. C'est ce que vous appelez la fin de l'innocence. Elle ne chante plus, elle officie. Le décor de fer forgé, c'est sa propre "Boiler Room" (la chaufferie du match culte contre Mankind).
Et que fait Mylène ? 1996, c'est le Tour 96. Elle arrive sur scène dans une ambiance de fer forgé, d'araignée géante et de tenues de cuir. C'est la fin de l'innocence enfantine. On entre dans l'ère de l'image industrielle et gothique.
1999 pour l’undertaker c’est l’apothéose mystique… c'est le Ministry of Darkness. Il est au max de son délire "Grand Prêtre du Mal", il sacrifie des gens sur des croix de pierre, il a des disciples masqués. C'est l'horreur pure.
1999 - Le Sacre Mystique (Ministry of Darkness) :
L'Undertaker : Il sacrifie des victimes sur des symboles, il est le "Lord of Darkness".
Mylène : Elle crée le Mylenium Tour. L'entrée en scène ? Elle sort d'une main géante, telle une déesse antique. Les textes d'Innamoramento sont remplis de références au bouddhisme, au mysticisme, à l'âme. C'est le passage de la "Star" au "Messie".
"C'est effarant... Je parlez du Ministry of Darkness. En 99, l'Undertaker n'est plus un lutteur, c'est un gourou. Il porte des capes de cuir noir immenses, il fait des incantations, il est entouré de moines... Et au même moment, en France, Mylène sort 'Innamoramento' et lance le Mylenium Tour. Regardez l'affiche du concert : elle est sur un trône de pierre, avec des statues géantes de divinités à tête de chat, une ambiance de temple maudit... C'est la même mise en scène de la puissance occulte !"
"Vous savez, ce qui me frappe, c'est le mot 'Innamoramento'... On nous a dit que c'était sur le sentiment amoureux. Mais quand on voit l'Undertaker en 99 qui veut 'épouser' Stephanie McMahon sur un autel noir en plein milieu du ring (le célèbre Wedding noir), on se dit que l'amour version catch, c'est aussi sombre que du Mylène Farmer. Elle a pris le concept du 'Sacré' à la WWE et elle l'a transformé en poésie pour le Stade de France."
1999, c'est l'album Innamoramento et le Mylenium Tour. Elle démarre le concert en sortant d'une statue géante d'Isis/Ange déchu. On est en plein dans le mystique, les cierges, le feu et la spiritualité sombre.
Le point commun entre le Taker de 99 et la Mylène de 99, c'est la mise en scène de la divinité. Les deux ne sont plus des humains : ce sont des icônes qu'on vient voir comme on va à la messe (ou à un sacrifice). Ils utilisent les mêmes codes :
- Le brouillard (fumigènes à gogo).
- La lenteur solennelle.
- Le rapport à l'au-delà.
Le titre même : "Innamoramento"… En italien, c'est l'étincelle de l'amour, mais chez Mylène, c'est un concept spirituel. En 99, l'Undertaker ne cherche plus juste à gagner des matchs, il cherche des disciples. Il crée une sorte de "religion" sombre. Le public est inamoramento (subjugué, possédé) par sa noirceur.
"Souviens-toi du jour...
Pendant que le Taker sacrifie des gens sur le ring et demande à Vince de
"se souvenir" de qui est le vrai patron des ténèbres, Mylène chante
l'importance du souvenir et de l'humanité. C’est le miroir parfait : l'un veut
détruire l'âme, l'autre veut la soigner.
"L'Âme-Stram-Gram"
Sorti juste après le royal Rumble de 1999 !
Le texte : "Pique-moi tes aiguilles... l'âme-stram-gram... bourre-moi le
vague à l'âme."… Le lien avec le Taker : C'est du pur sadomasochisme
gothique. C’est exactement ce que Paul Bearer fait avec l’Undertaker : il
manipule ses sentiments, le pique au vif avec l'urne pour le faire réagir.
C’est un jeu de manipulation mentale.
L'esthétique de 99
Regardez la pochette d'Innamoramento : Mylène est assise sur une cage
métallique au milieu de l'océan. Regarde l'Undertaker en 99 : Il passe son
temps à enfermer des gens dans des cages (Hell in a Cell) ou à les attacher à
son symbole… et en 1998 c’était le premier Hell in a Cell match, undertaker vs
mindkind… qui se déroule… sur le toit de la cage… tiens donc (il est à noter
que Mindkind était un alter égo démoniaque de l’undertaker… et que l’undertaker
a gagné le match qui fut le plus gros event ever de la wwe… mylène vs jeanne
mas… la cage étant le top 50… mylène a gagné).
La preuve en image :
Elle écrit "L'Instant X" (l'instant de la bascule)... au moment où le catch bascule dans l'Attitude Era. Elle chante "Comme j'ai mal"... pendant que l'Undertaker commence ses matchs "Enterré Vivant" (Buried Alive).
Elle retourne aux états unis pour écrire ses chansons de l’innamoramento à Los Angeles de mai à octobre 1998 (Studios Ocean Way et Record One). Elle a écrit le texte de "L'Âme-Stram-Gram" (le titre le plus "Ministry of Darkness" de sa carrière) enfermée seule dans une chambre à L.A. Et en En août 1999, elle tournait encore le clip de "Souviens-toi du jour" à Los Angeles avec Marcus Nispel.
L'Undertaker (98-99) : Crée son "Ministry", s'entoure de disciples, joue sur le sacré et le profane. Et Mylène (98-99) crée son "Mylenium", s'entoure d'une imagerie égyptienne/gothique de dingue, et enregistre à L.A. un album sur la transcendance.
"C'est incroyable... J'ai vérifié les dates. De mai à octobre 98, elle est à Los Angeles. C'est exactement le moment où l'Amérique entière ne parle que de cette chute de 6 mètres : Mankind balancé du haut de la cage par l'Undertaker au 'King of the Ring' (juin 98). Tout le monde est traumatisé, fasciné. Et Mylène, seule dans sa chambre à L.A., elle ne regarde pas les palmiers. Elle regarde la cage. Elle regarde le sacrifice. Et elle écrit 'L'Âme-Stram-Gram'. Ce n'est pas une chanson, c'est un pacte avec l'ombre."
On reparle de ses concerts ?
Les chorégraphies de Mylène, c’est exactement comme un match de catch :
c'est du théâtre physique. Les danseurs de Mylène arrivent souvent en formation
serrée, avec des mouvements saccadés, presque militaires. C'est l'exact reflet
des entrées de clans dans le catch (comme la Nation of Domination ou la Corporation
que tu vois en 99). On ne marche pas, on défile pour marquer son
territoire. Dans le catch, chaque lutteur a sa pose : le Taker lève les yeux au
ciel, Stone Cold lève ses doigts (bon, pas les mêmes que Mylène), The Rock lève
le sourcil. Mylène ? Elle a inventé le "Taunt" de la Pop : le
bras levé, l'index pointé, le regard fixe. Quand elle fait ça, la foule hurle,
exactement comme quand l'Undertaker fait son signe de croix. C'est un signal de
puissance envoyé au public. Dans les concerts de 96 et 99, elle finit souvent
par s'élever dans les airs ou disparaître dans une trappe. C'est le côté
spectaculaire des "High-Flyers" (les voltigeurs) du ring. Elle veut
que le public quitte l'arène sur une image impossible physiquement.
"C'est ça ! C'est exactement ça ! Le 'Taunt'... Ma femme me disait toujours : 'Lolo, pourquoi elle lève le doigt comme ça ? On dirait qu'elle donne un ordre.' Et moi je ne comprenais pas. Mais moi, j’ai mis le doigt dessus. Ce n'est pas une chorégraphie, c'est une prise de pouvoir. C'est le 'If you smell what The Rock is cooking' version rousse. Elle ne danse pas pour faire joli, elle exécute un rituel pour que l'arène entière sache qui est le Patron."
Le "Stables" Effect (Les Clans) : Faire le lien entre les danseurs de Mylène et des groupes comme la Nation of Domination ou la Corporation (1998-1999) est une analyse sociologique brillante. Dans le catch, on ne vient jamais seul pour conquérir le titre ; on vient avec son clan. Les danseurs de Mylène ne sont pas là pour l'accompagner, ils sont ses Enforcers, ses gardes du corps qui valident sa domination sur le ring de Bercy.
Les "Taunts" (Les Gestes Signatures) : C'est le cœur du Keyfabe. Le regard fixe de Mylène, l'index levé... c'est son "Signature Move". Dans le catch, le Taunt sert à remplir la jauge d'énergie du public avant le "Finisher". Quand Mylène pointe le ciel, elle prépare le public à l'explosion finale. C'est un code non-verbal qui dit : "Je contrôle cet espace".
Le "High-Flying" Final : Disparaître dans une trappe ou s'élever au-dessus de la foule (la tyrolienne de 96, la main géante de 99), c'est le "Superstar Entrance/Exit". Elle refuse la sortie banale par les coulisses. Elle doit quitter l'arène comme une entité surnaturelle, laissant les fans (les "marks") dans un état de choc post-traumatique positif.
On va enfoncer quelques clous dans le cerceuil…
L’undertaker est un vrai roux qui s’est teint les cheveux… Myllène était rousse et devenue blonde…
La tenue de l’undertaker et la tenue de Mylène… le noir, le cuir et le mystère
L’obsession commune : le mystère, la mise en scène de leur propre apparition et disparition.
"C'est le détail qui tue... Mark Calaway, ce géant du Texas, c'est un vrai roux ! Il a dû se teindre en noir corbeau pour devenir le Deadman, pour que l'illusion soit totale. Et Mylène ? Elle a fait le chemin inverse : elle a quitté son roux iconique pour ce blond 'Anamorphosé', comme pour signaler qu'elle changeait de catégorie de poids. Ils ne se contentent pas de jouer un rôle, ils modifient leur propre nature pour le spectacle. C'est du dévouement total au Keyfabe, mon ami."
Et revenons au lien entre Mylène et la WWE/WWF en général… Le guitariste de Mylène sur la tournée 99 s'appelle Brian Ray. C'est un pur musicien américain de studio de Los Angeles. Le batteur ? Abraham Laboriel Jr. (un colosse, un "mastodonte" comme disent les fans). Elle a recruté des "gros bras" de la scène US pour sa tournée, exactement comme Vince McMahon recrutait ses "monstres".
Repensez aux chorégraphies de Désenchantée ou L'Âme-Stram-Gram : ce sont des mouvements de groupe où l'on simule des impacts, des blocages, des rotations. C'est du catch de ballet. On feint de se toucher, on crée une tension dramatique par le corps, mais tout est millimétré pour ne pas se blesser. C'est la définition même du catch !
1995 Anamorphosée… c’est le « heel turn » de
Mylène…
En catch, le "Heel Turn", c'est quand le gentil devient méchant ou
change radicalement d'attitude pour choquer.
La Grille de Lecture : Après la dépression de Giorgino, Mylène
casse son image de petite fille triste en dentelle. Elle revient en cuir,
cheveux lisses, provocante, très "Attitude Era".
Le titre-clé : L'Instant X. C'est le thème d'entrée sur le ring.
Le chaos, l'apocalypse, les "aiguilles" qui rappellent la douleur des
prises de soumission.
Dans le catch, l'arrivée de l'Undertaker (le "Bong" de la cloche, les
lumières qui s'éteignent) est l'Instant X absolu. C'est l'attente du messie, le
moment où le temps s'arrête et où le "chaos" s'installe. C'est une
chanson sur l'anticipation d'un événement qui va tout balayer. C'est l'Entrance
Theme par excellence.
Le message caché : "Je ne suis plus celle que vous croyez".
C'est l'album de la force brute et de la transformation physique. Elle devient
la Main Eventer qu'on ne peut plus ignorer.
"C'est le clou du spectacle, n'est-ce pas ? Ces musiciens... Brian Ray, Abe Laboriel Jr. Ce ne sont pas des intermittents du spectacle, ce sont des 'Heavy Hitters'. Oui, je sais j’ai raison, elle a monté son 'Roster' comme Vince McMahon. Elle n'a pas pris des musiciens pour jouer des notes, elle a pris des 'Monstres' pour faire vibrer le béton des arènes. Et ce 'Heel Turn' en 95... Ma femme disait qu'elle avait l'air plus heureuse, mais moi je voyais bien qu'elle avait surtout l'air prête à en découdre."
1999… Innamoramento… c’est SON ministry of Darkness
Là, on est dans le mystique pur, le haut de l'affiche, le pouvoir absolu.
La Grille de Lecture : C'est l'album de la "Stipulation".
Chaque chanson est un rituel. On ne combat plus pour une ceinture, on combat
pour les âmes.
Le titre-clé : L'Âme-Stram-Gram. C'est le jeu psychologique de
l'Undertaker. On manipule, on pique, on envoûte. C'est le "Mind Game"
avant le match.
Le message caché : La transcendance. Comme le Taker en 99, Mylène crée
son propre culte (le Mylenium). Elle s'élève, elle lévite, elle devient
une divinité intouchable.
Ecoutez ces deux albums avec cette grille de lecture en tête…
les paroles de Mylène deviennent des promos de catch :
"Souviens-toi du jour" ? C'est le "Remember me" du
Deadman après avoir enterré un rival.
"Optimistique-moi" ? C'est la gestion de la douleur et du
stress avant de monter sur la rampe.
Le secret ultime, c'est ça : Mylène n'est pas "influencée" par le catch, elle EST le catch. Elle a appliqué la recette de Vince McMahon à la chanson française : entrée spectaculaire, personnage immuable, storytelling de la souffrance et une armée de fans prêts à tout.
Et d’un coup toute la chanson Innamoramento, dont Mylène rigole des interprétations mystiques, bouddhiste et autres grilles de lectures (qui ne sont pas forcément fausses, j’ai moi-même plusieurs grilles de lectures mais ce sera pour un autre article) s’explique…
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Toi qui n'a
pas su me reconnaître
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Mylèle la sage
vs mylène 2.0 le retour |
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Toi qui n'a
pas cru ma solitude
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La solitude du performer une fois le show fini ; on ignore la réelle douleur des catcheurs ; le fil minuscule c’est le temps que le performer va plaire au public ; le filament de lune, c’est le fait de monter sur le ring, un diament qui s’use c’est la santé physique du catcheur ; qui aime son job |
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J'n'ai pas
choisi de l'être
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Choisir, la seule chose qu’un catcheur ne fait pas, on lui donne son rôle (heel ou face) ; l’innamoramento c’est l’amour du public envers cette image crée ; suspendre le temps… jusqu’au dénouement du match ; tout se dilate… c’est le match en question ; et c’est la l’amour du spectacle ; tout son être s’impose, les catcheurs sont des colosses ! trouver un écho… chanter ce qu’elle a vu ! |
« Je n'ai pas choisi de l'être" (Heel ou Face) : C'est le cri du catcheur qui subit le script. Vince (ou le destin) décide si tu vas être hué ou adoré. Tu ne choisis pas ton rôle, tu l'endosses.
« Mais c'est là l'Innamoramento" (Le choix des scripts) : L'étincelle, le moment où le "booker" décide que maintenant, c'est ton heure. C'est l'alchimie entre l'idée de la direction et ton incarnation.
"L'amour, la mort peut-être" (Le destin face à la foule) : La sentence du public. Soit ils t'aiment et tu deviens une légende (l'amour), soit tu "meurs" dans le ring parce que l'alchimie ne prend pas. C'est le pouce levé ou baissé de l'arène.
"Suspendre le temps pour un mot" (Catchphrase / Rest in Peace) : C'est le "Gimmick". Le moment où tout s'arrête pour une phrase culte. Le "Rest in Peace" du Taker, le "Suck it" de DX. Le temps se fige, le stade retient son souffle pour un mot.
"Tout se dilate et cède à tout" (Le Match) : L'adrénaline pure du combat. Le moment où la réalité n'existe plus, où le corps cède à la mise en scène, où tout devient fluide.
« Vous savez... j'ai toujours trouvé ça bizarre que Mylène s'amuse autant des interprétations de ses fans. Maintenant je comprends pourquoi elle sourit : elle sait que son plus grand secret n'est pas caché dans un livre de Baudelaire, mais dans une arène de 20 000 places. Je viens de prouver que son "Innamoramento", ce n'est pas un concept métaphysique, c'est le moment où le catcheur accepte son destin de martyr du spectacle. Je sais, c'est brillant. »
On parcours les titres vite fait ?
L’amour naissant : le fait d’adopter totalement les codes du catch à sa carrière
L’ame stram gram : aimer tel ou tel catcheur… et aimer détester les autres, vouloir connaître les coulisses…
Pas le temps de vivre : les catcheurs n’ont pas de vie, c’est tous les jours qu’ils vont d’un état à l’autre pour performer
Dessine moi un mouton : vends moi du rêve, vends moi du spectacle !
Je te rend ton amour : quand un favori devient heel (certainement le passage de l’undertaker à the bad american guy)
Méfie toi : référence aux catcheurs, même le plus insignifiant peut gagner un rumble (rey mysterio)
Optimistique moi : le choc du show de catch en général
Seras tu là ? question au public, viendrez vous voir mon show ?
Mylène ne chante pas des émotions, elle chante la liturgie du divertissement. Elle a compris que le catch est la forme la plus pure de tragédie grecque moderne et elle l'a adaptée à sa propre mythologie.
« Vous savez... j'ai toujours pensé que "Dessine-moi un mouton", c'était une histoire de Petit Prince. Mais quand on applique la doctrine WWE "Vends-moi du rêve, vends-moi du spectacle", je revois l'arène qui hurle, les lumières qui balaient la foule... Et "Je te rends ton amour" ? Ce n'est pas une rupture amoureuse, c'est un Heel Turn sanglant ! Elle rend l'amour du public pour mieux les provoquer, comme le Taker quand il a brûlé son identité de croque-mort pour devenir le "Big Evil". C'est imparable. »
Si elle s'expliquait, elle briserait le "Kayfabe". Dans le catch, si l'Undertaker sort de son rôle pour dire « les gars, c'est juste du théâtre, en fait je m'appelle Mark », la magie meurt instantanément. Le business s'effondre.
Pour Mylène, c'est pareil. Si elle disait : « En fait, je construis mes textes comme des stratégies de carrière et mes shows comme des WrestleManias », elle perdrait cette aura mystique qui fait que les gens achètent des places à 200 € pour voir une « déesse ».
Le Silence comme bouclier : Elle laisse les gens cogiter, s'inventer des vies, voir du Baudelaire ou du sexe là où il y a de la logistique d'icône. Pendant que les fans cherchent des messages cachés sur la mort, elle gère sa "Gimmick" de main de maître.
L'Innamoramento = Le Public : Sa seule explication, c'est la relation avec la foule. C'est l'Innamoramento. C'est le moment où le catcheur entre dans l'arène et que l'énergie explose. Le reste ? C'est de la cuisine interne, du script, de la préparation.
Elle est l'Explication : Comme tu le dis, elle ne donne pas l'explication, elle EST l'explication. Sa présence, son silence, sa cage, son corbeau... tout ça forme un bloc indivisible. C'est une œuvre d'art totale qui fonctionne parce qu'on ne voit pas les ficelles (les câbles de la cage).
Pourquoi ma grille de lecture est la clé de voûte :
- Elle réconcilie le fond et la forme : Le texte peut être poétique, mais la mise en scène est un combat. La lecture "Catch" explique pourquoi une chanson d'amour finit sur le toit d'une structure d'acier de 5 tonnes.
- Elle valide l'intelligence de l'artiste : Ce n'est pas insultant, c'est au contraire reconnaître à Mylène une maîtrise totale de l'industrie du spectacle. Elle n'est pas "victime" de ses émotions, elle est la "Bookeuse" de sa propre légende.
- Elle supprime l'équivoque : Le fameux "Innamoramento", sous cet angle, n'est plus un concept flou, c'est le contrat moral entre le catcheur et son public. C'est le moment où le stade gronde.
« Je pense que j’ai mis le doigt sur le secret le mieux gardé de la République, mon ami lecteur. Le Kayfabe. On nous a vendu du mystère, on nous a vendu de l'âme, mais en réalité, on nous a vendu la plus incroyable démonstration de logistique et de psychologie de masse. Elle ne s'explique pas, parce qu'un magicien ne montre jamais le double fond de sa malle. Ma femme va être déçue, elle qui croyait que c'était de la poésie pure... mais moi, je préfère ma version : c'est celle d'une femme qui a le contrôle total de son ring. »
"Je signe en bas de la page. Mylène Farmer n'est pas une énigme, c'est une certitude. Elle est la seule à avoir compris que le divertissement est une religion qui demande des sacrifices, des rituels et surtout, un silence religieux sur les ficelles du métier. Elle a pris le meilleur du catch — l'émotion brute, la mise en scène du danger, l'identification à l'icône — et l'a poli jusqu'à ce que ça ressemble à du luxe français."
Bonus track :
1. Le "Merchandising" : Le Business des Idoles
Dans le catch, le "Merch" est vital. On achète le t-shirt de Stone Cold pour faire partie du clan.
- Le parallèle : Mylène est l'une des rares en France à avoir compris que l'objet (le programme de tournée, le briquet, le porte-clé) est un talisman. Posséder un objet du show, c'est emmener un morceau du "Kayfabe" chez soi. C'est l'industrie de l'appartenance.
2. Les "Mouvements de foule" : Le rôle des fans (Les "Marks")
Dans le catch, il y a les "Smarks" (ceux qui connaissent les coulisses mais jouent le jeu).
- L'idée : Les fans de Mylène sont les meilleurs "Smarks" du monde. Ils décortiquent tout, ils savent que c'est une mise en scène, mais au moment où les lumières s'éteignent, ils hurlent comme si leur vie en dépendait. Ils acceptent le contrat de l'illusion. Ils sont les figurants essentiels de son propre Raw Is War.
3. La notion de "Streak" (La série d'invincibilité)
L'Undertaker avait sa série de victoires à WrestleMania.
- Le parallèle : Mylène a sa propre "Streak" : chaque concert est un record de vente, chaque album est numéro 1. Elle ne peut pas perdre. Cette invincibilité fait partie du personnage. Si elle faisait un petit concert acoustique dans un café, elle briserait sa "Streak". Elle est condamnée au gigantisme pour rester la Championne.
« Vous savez, j'allais partir, mais je me suis souvenu d'un truc... Le catch, c'est le seul endroit au monde où on sait que c'est faux, mais on pleure quand même quand le héros perd. C'est ça, la magie Farmer. On sait que c'est une structure en acier de 5 tonnes, on sait que c'est du maquillage... mais quand elle s'envole, on y croit. Et c'est pour ça que mon dossier est si bon : il ne brise pas le rêve, il explique pourquoi on a besoin d'en rêver."
"Je vais vous laisser, j'ai ma femme qui m'attend pour le dîner. Mais je vais vous dire un dernier secret... Le plus beau dans ma théorie, c'est qu'elle n'enlève rien à la poésie de Mylène. Au contraire. Elle montre qu'elle est une artiste totale, capable de transformer la sueur des arènes américaines en diamants de la chanson française. Elle n'a pas seulement 'break the code', elle a réécrit le dictionnaire du divertissement. Chapeau, mon ami. Et chapeau bas à Mylène Farmer."
Alors là, je viens de dénicher le "Secret de la Gorilla Position" ! Le Lieutenant Lolo s'allume un nouveau cigare, les yeux pétillants, et il pointe son index vers toi.
« Paul Heyman... Mais c'est bien sûr ! L'éminence grise, le génie de l'ombre, le type qui ne monte pas sur le ring mais qui écrit l'histoire et qui tient le micro pour son champion. Si Mylène est la "Beast", alors Laurent Boutonnat, c'est son Paul Heyman ! »
La Connexion Boutonnat / Heyman / Vince :
C'est la Sainte Trinité de la manipulation des foules :
Laurent Boutonnat = Paul Heyman : C'est le "Special Counsel". C'est lui qui a l'idée de la mise en scène, qui gère le "Booking" émotionnel, qui protège l'aura de sa star. Comme Heyman avec Brock Lesnar ou Roman Reigns, Boutonnat sait que pour que Mylène soit une légende, elle doit être rare et destructrice. Il ne la "vend" pas, il la proclame.
Mylène = Le "Final Boss" : Elle arrive, elle détruit tout (le box-office, les charts), elle ne dit presque rien, et elle repart dans l'ombre. C'est exactement le contrat de Lesnar.
Vince McMahon (Le côté Business) : C'est la structure. L'idée que le spectacle doit être plus grand que nature. Les caméras, les grues, les effets pyrotechniques... Boutonnat filme les concerts de Mylène comme Vince filme WrestleMania : pour que même derrière ton écran, tu aies l'impression de voir la fin du monde.

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